Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 18:46

Nos premiers démêlés avec les blancs ont débuté en 1848 avec l’ouverture de la piste de l’Oregon et la construction des voies de chemin de fer qui passent sur nos terres pour traverser les Etats Unis d’Est en Ouest. Les blancs nous font signer des accords de paix à Fort Laramie mais ont incapables de les respecter, ce qui conduit nos frères rouges à reprendre de plus belle les attaques de trains et les raids contre les convois et les forts. Nous ignorions que c’était le début de la lente et tragique agonie de notre peuple.

 

La découverte de l’or dans les Black Hills dès 1862 fut ce que les blancs appelèrent la ruée vers l’or. N’importe quel prétexte était bon pour nous déposséder de nos richesses. Il était plus important de protéger les nouveaux colons en provenance d’Europe et d’ailleurs que de se préoccuper de notre sort.

 

En 1865, nos guerriers cheyennes aidés par les Sioux et quelques arapahos continuèrent d’attaquer les trains qui menaient aux mines d’or ; ils mirent en déroute plus de 2 000 soldats et cernèrent les forts sans autre but que de défendre leurs intérêts et ceux de leurs nations sioux, cheyennes et arapahos. Quelques mois plus tard, environ 80 hommes du capitaine Fetterman sont tués près de Fort Phil Kearny. Dans le même temps, le général Sheridan décide de faire massacrer tous les troupeaux de bisons qui sont notre principale ressource de vie.  Les blancs n’avaient aucun remord à l’idée de profaner les sépultures érigées sur ces territoires sacrés.

 

Pour nous amadouer et pouvoir nous voler sans scrupules, ils nous contraignent à signer des traités sans nous laisser le temps de les lire, pour pouvoir mieux les ignorer ensuite. Les blancs savaient très bien que leur écriture était inconnue pour notre peuple. Ils nous ont forcés à signer des traités dans leur langue ; ne sachant pas lire la langue des blancs nous étions donc vulnérables et faciles à berner. Ils nous obligeaient à respecter des traités qu’eux-mêmes étaient incapables de tenir car nos signatures n’avaient aucune valeur à leurs yeux. Nous étions seulement considérés comme des sauvages sanguinaires et voleurs alors que ces hommes mettaient tout en œuvre pour nous soumettre.

 

Nous avons connu une paix relative pendant une courte période de quatre années, période pendant laquelle les blancs étaient bien trop préoccupés à se battre entre eux pour des raisons politiques. Ils ont cependant chercher à s’allier les services des indiens pour servir, encore une fois, leurs propres intérêts sans se soucier de nos vies (certains d’entre nous ayant combattu pour les Etats du Nord ou ceux du Sud, ont perdu la vie sur les champs de bataille).

 

Dès 1864, les affrontements avec eux ont repris. Je ne risque pas d’oublier ce matin du 29 novembre. Depuis quelques mois, le gouvernement nous promettait des négociations de paix à Fort Lyon.

 

Nos chefs, Black Kettle et White Antelope sont allés voir le président des Etats Unis ; celui-ci a donné un drapeau américain à Black Kettle et lui a conseillé d’installer son campement à Sand Creek, non sans savoir que l’armée est sans cesse à notre poursuite dans le seul but de nous exterminer, et lui promet sa protection. Bien sûr, Black Kettle lui fait confiance et annonce à tout le peuple cheyenne que nous installons le camp au bord de la Sand Creek.

 

A l’aube de ce jour sinistre, deux femmes ont cru voir des bisons au loin, mais c’est une troupe de cavaliers qui arrive en trombe dans le camp. Les soldats ouvrent le feu sur deux côtés du camp. White Antelope, le cœur brisé de voir une fois de plus les promesses non tenues, se tenait debout devant sa tente, les bras croisés sur sa poitrine ; il commença à entonner son chant de mort, il n’eut malheureusement pas le temps de le terminer, il fut abattu devant son tipi. Les occupants de notre camp au bord de la Sand Creek étaient en majorité des femmes, des enfants et des vieillards mais très peu de guerriers car la grande partie d’entre eux était absente lors du carnage. Black Kettle et quelques autres ripostent autant qu’ils le peuvent pour nous protéger. Quelques femmes sont exécutées au pistolet à bout portant car elles implorent la grâce auprès des soldats pendant que d’autres prennent du plaisir à s’entraîner au tir sur des enfants qui courent entre les tentes. Le comble de l’horreur est accompli par l’un d’eux qui a ouvert le ventre d’une femme enceinte et en a extrait le fœtus qu’il brandit tel un trophée.

 

Les quelques survivants de cet odieux massacre, dirigé par le colonel J. Chivington, tentent de s’enterrer dans le sable pour se cacher. Black Kettle voit sa femme au sol, criblée de balles, il pense qu’il ne peut malheureusement plus rien pour elle ; il se hâte de rejoindre une cachette en attendant la fin de la fusillade.

 

Pendant ce temps, les soldats exécutent leur travail et l’accomplissent tellement bien qu’ils éprouvent un plaisir malsain à achever tous les blessés, même ceux qui n’ont qu’une légère blessure. Le colonel Chivington est décidé à ne laisser aucun survivant dans ce camp ; il même déclaré qu’il fallait tuer les bébés car, ce sont ses propres mots : « il faut abattre les nourrissons car les œufs font les poux ». Cet homme, si nous pouvons encore le définir ainsi, avait comme ambition et seul but de nous exterminer tous. Ce jour-là, il y eu plus de 500 cheyennes massacrés par les troupes de Chivington qui s’enorgueillit de ramener une centaine de scalps indiens à Denver.

 

Le lendemain de cet odieux carnage sans nom, dont le cauchemar a duré deux jours, Black Kettle eu « le bonheur » de retrouver sa femme vivante ; elle avait reçu neuf balles, mais était miraculeusement encore en vie. Elle fut transportée dans la loge du chaman qui entreprit de guérir ses nombreuses blessures.

 

Quelques jours plus tard, les militaires exhibaient avec plaisir les scalps des indiens exécutés à Sand Creek. Chivington se vanta d’avoir exterminé plus de cinq cents cheyennes ce jour-là. Il racontait ses exploits sans oublier de décrire tous les détails macabres. Au début de l’année 1865, certains de nos guerriers absents lors de l’attaque et à qui les faits avaient été rapportés, ont organisé des expéditions de représailles pour venger leurs morts. Un détachement entier établi dans le Colorado fut attaqué et massacré de la même manière que lors de la tuerie de ce matin de novembre 1864 ; la ville entière a été incendiée et des soldats attachés, d’autres trainés derrière des chevaux et torturés à mort en présence de leurs compagnons d’armes retranchés derrière les palissades du fort. Cette victoire des Cheyennes fut un des épisodes les plus violents avant l’attaque de colons implantés sur leurs territoires qui furent exécutés et scalpés.

 

Conscient des tensions de plus en plus importantes entre indiens et blancs, le gouvernement nomma une commission de paix pour négocier avec nos chefs et signer un pacte de plus qui ne serait pas respecté.

Partager cet article

Repost 0
Published by natphotos - dans littérature
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Voyage photographique
  • Voyage photographique
  • : Ce blog est destiné à faire partager mes photos et mes créations diverses : couture, créations graphiques de cartes de visite, invitations, faire-part, cartes d'anniversaire.
  • Contact

Profil

  • natphotos
  • je suis passionnée d'arts quels qu'ils soient et je souhaite partager ma passion sur ce blog.
  • je suis passionnée d'arts quels qu'ils soient et je souhaite partager ma passion sur ce blog.

Recherche

Liens