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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 17:32

Origines

Il semblerait que Seurre soit occupée dès l'ère néolithique (de 6000 à 2500 av J.C.). Pendant la période gallo-romaine, elle y est désignée sous le nom de Sarrugium : ce mot est formé à partir du nom celte de la Saône (Arr). La conquête romaine impose le latin et au cours des siècles pendant lesquels s'élabore la langue française, le nom de Sarrugium évolue comme le langage. Il mue de Sarrugium en Saurra (1208), Saurr, Saurre (1ère charte de 1245), Sahure (charte de 1278), Seur, pour trouver sa forme définitive Seurre vers le VIème siècle.

La rivière qui borde la ville joue un grand rôle dans sa vie économique et politique. Elle s'appelle Arar au temps de César.  Les romains l'appellent Saguna en 630, mot qui supplante le nom celte. Du latin de l'Empire au français contemporain, le mot saguna apparaît sous diverses formes : Sagona en 653, Sauna en 1218, Saona en 1227, avant de se fixer en celle de Saône que connaissent bien les Seurrois.

 

Des origines au moyen âge

César fait camper son armée à Seurre, au moment d'une sortie des Helvètes avant de rejoindre les premières troupes en Saintonge.

Ceux-ci subissent une défaite et après avoir passé la rivière, se réfugient dans le bois Guildée qui prend le nom de "retire des Deffaits". Dans la plaine rive droite de la Saône, subsistent quelques lieux boisés restes du bois du Deffant ou Deffoy. Après cet exploit, César retire ses légions et fait raser la cité. Mais reconnaissant l'importance de la situation, il y établit un camp pour la commander.

La région connait au Vème siècle les invasions des tribus germaniques, dont celle des Burgondes qui s'y installent.

 

 

De 1245 à la Fronde

Les origines de la ville se confondent avec l'ancienne place forte de Saint-Georges qui appartient à une des branches de la puissante maison de Vienne en Dauphiné.

Il est vraisemblable que Seurre, alors appelée Sahure, n'est longtemps qu'une petite bourgade tournée essentiellement vers le fleuve, et qu'elle ne prend son véritable essor qu'à partir du Xème, voire du XIème siècle, quand les habitants de Saint-Georges viennent se réfugier dans le château construit par les sires de Vienne.

En 1245, Hugues d'Antigny, seigneur de Vienne, sire de Saint-Georges, octroie à la ville sa première charte de franchise. Par ce titre, il octroie l'inviolabilité des bourgeois et règle les successions, la possession des biens, l'élection du maïeur, sa justice seigneuriale, les cens et redevances des maisons, l'ost et la chevauchée, la vente des denrées, son autorité sur les bourgeois avec défense de prétendre au-delà de telles concessions.

Hugues de Vienne, Sire de Pagny, possède Seurre en franc-alleu et en 1266 il prend du duc Huuges IV château, ville et dépendances. En 1278, Philippe de Vienne, son fils aîné, reconnut tenir en fief lige du duc Robert II la ville de Seurre et ses dépendances. Seurre est affranchie la même année. L'appréhension de la voir violée par les seigneurs y fait insérer des clauses d'une infinie précaution. Précédemment en butte aux oppressions d'un régime despotique, les populations affranchies, pour rendre le contrat irrévocable, profitant de la pénurie de leurs seigneurs ruinés par les croisades achètent leurs nouveaux droits et privilèges à prix d'argent. La charte coûte 4 000 livres viennoises, somme considérable pour le temps.

Cette charte est solennellement octroyée et jurée en présence de tous les habitants en l'église paroissiale de Seurre. Le sire Philippe de Vienne, assisté de sa famille, s'y rend avec un cortège important dans lequel figurent en première ligne le duc de Bourgogne, son suzerain, et l'archevêque de Besançon qui compte Seurre parmi les villes de son diocèse. Après le service divin, la charte est lue à haute voix par le bailli en présence du maire et des échevins ; la lecture faite, le sire de Vienne jure sur les Saints Evangiles d'observer fidèlement les choses contenue audit instrument, obligeant lui et ses hoirs à la renonciation formelle de toute contestation pour cause de déception, de lésion, d'erreur et d'ignorance de droit. Robert, duc de Bourgogne et Hughes, archevêque de Besançon, se rendent garants de ce serment et concèdent, en outre, aux gens de Seurre, le droit de voyager librement dans leurs Etats, d'y séjourner sans y être inquiétés, les prenant à l'avenir sous leur protection spéciale. La pancarte est ensuite revêtue des sceaux en cire de Philippe de Vienne, du duc, de l'archevêque, d'Alix de Villars, de l'illustre maison de Thoire, dame de Pouilly sur Saône et mère du sire, d'Agnès de Bourgogne, épouse de Philippe de Vienne et de Huguenin, leur fils aîné.

Guillaume de Vienne, seigneur de Saint-Georges et de Seurre, confirme les privilèges accordés aux habitants de Seurre en 1341 : exemption des droits de péage du pont et du passage de la Saône ainsi que du péage de Pouilly. La terre reste dans la maison de Vienne jusqu'au XVème siècle, quand Marguerite de Vienne, soeur de Guillaume V la porte par mariage à Rodolphe, marquis de Hochberg.

Seurre s'entoure alors de fortifications. Elles se composent de murs très épais en briques, avec bastions, plateformes, des fossés profonds et autres travaux de défense, excepté du côté de la Saône qui forme une défense naturelle. Avec le château dans lequel plus de vingt villages ont droit de retrait, Seurre devient une véritable place forte.

En 1363, Jean le Bon remet la Bourgogne en apanage à Philippe le Hardi, il s'agit de la rive droite de la Saône, côté Beaune et Dijon. A cette terre, le premier des grands ducs d'Occident adjoint l'autre rive de la Saône, côté Besançon, Dole, Salins, Pontarlier, c'est-à-dire la Comté de Bourgogne que l'on appellera la Franche-Comté. Seurre n'est plus ville frontière. Néanmoins sa situation lui occasionnne bien des vicissitudes. La croissance et l'éclat de la puissance qui s'étend au nord, à l'est du royaume de France ne peut pas laisser les rois de France indifférents. D'autant moins que les Bourguignons s'allient aux Anglais et qu'ils cernent dangereusement le Centre et le sud-est du pays par leurs liens avec les ducs de Savoie et le roi René retiré en Provence.

L'ambition de Charles le Téméraire met le feu au poudres. Tandis qu'il cherche à unir ses provinces flamandes à celles de la Bourgogne, il se laisse entraîner dans une lutte avec les Allemands et les Suisses, ce dont Louis XI profite pour brouiller les cartes de chacun à son propre bénéfice. Seurre est brûlée et ravagée une première fois en 1473. Charles le Téméraire, battu près de Neufchâtel, meurt en 1477, après sa mort, Guillaume de Vaudrey appelé par Marie de Bourgogne, vient occuper la place pour défendre le duché menacé par Louis XI. Mais Charles d'Amboise force les défenses de Seurre qui est incendiée et dévastée. En 1479, la ville ne comprend plus que quarante feux.

Philippe de Hochberg, renforce les fortifications et dote la ville d'une artillerie qui reste en place jusqu'en 1513. La paix demeure en France jusqu'au moment où Charles, petit-fils de Marie de Bourgogne et de l'empereur Maximilien d'Autriche, les Flandres, l'Artois, l'Espagne et des terres en apanage à l'Italie. Les Français qui ont guerroyé en Italie se retrouvent face aux impériaux et à leurs alliés, en France même ou près des frontières. En 1513, Seurre prête son artillerie dans la ville des Etats pour aider sa défense ; quand, en 1525, battu et fait prisonnier de Charles Quint à Pavie, François 1er est emmené en Espagne où il signe le traité de Madrid en 1526. Il abandonne la Bourgogne qu'il reconquiert ensuite, non sans dommage pour les pays où passent les armées. Seurre est du nombre.

François 1er l'honore de sa visite lorsqu'il vient visiter les frontières. Il ordonne la restauration des fortifications : au levant, la grande terrasse, quatre boulevards aux quatre coins, et deux plates-formes, le bastion du Roy et celui de Longueville. Le Roi fait placer des canons, force arquebuses et un orgue de guerre, pièce de quarante-huit calibres à quatre rangs. Pour aider à la défense de la ville, il y établit une garnison.

Quand en 1536 l'ennemi vient assiéger la ville, son général Lannoy, reconnaissant que la ville ne peut se prendre que difficilement, n'insiste pas. Mais, en 1543, de nouveau assiégée par les Impériaux, Seurre est prise. L'église incendiée, flambe en partie. Pour remettre les fortifications en état et en élever d'autres, le duc de Guise, sous Henri II, détruit les restes du château Saint-Georges, la chapelle et le couvent des Augustins noirs. Les années passent, la maison d'Autriche inquiète toujours. A l'invitation de Chabot-Charny, seigneur de Pagny et gouverneur de Bourgogne, Charles IX vient visiter la place de Seurre.

La succession d'Henri III provoque une recrudescence de terreur et de misères à Seurre même. Le parti catholique, les Guise en tête, ne veulent pas d'un roi protestant. Le seigneur de Seurre, Jacques de Nemours et Charles Emmanuel, son fils, sont du parti catholique, du côté des ligueurs. La ville est légitimiste. Un capitaine italien, Guillermi, au service des Guise investit la ville et fait mettre à mort les partisans d'Henri de Béarn, future Henri IV. Ce mercenaire terrorise la population, s'empare des deniers publics, parvient à chasser le commandant de la place. Parti de Saint-Jean de Losne par bateau, avec trois cents hommes, Vaugrenant, huguenot, cherche à délivrer la ville. En vain. Le gouverneur de Saint Jean de Losne essaie à son tour. Nouvel échec. Lui et tous ses gens sont massacrés. Finalement, un lieutenant de Guillermi, le capitaine Tresnard est pris et jugé à Dijon. On le décapite pour intelligence avec l'ennemi. Le 5 février 1595, c'est au tour de Guillermi d'être assassiné. Un bourgeois nommé Monnet le tue à Beaune au cours d'un banquet.

Seurre n'est pas délivrée pour autant. La Perle, autre mercenaire de Guillermi la tenait. Il tue d'un coup d'arquebuse le maire Morandet, et, après lui, sur la place de l'Hôtel de Ville, quinze bourgeois et l'échevin Philibert de Pontoux, soupçonnés de vouloir ouvrir la ville aux troupes du Béarnais. Lorsque Henri IV fut proclamé roi de France en 1596, La Perle capitule. Le roi nomme pour la place de Seurre un mercenaire Italien, Jérôme Roussi, dit "Capitaine la Fortune". Celui-ci passe au service de Mayenne, ligueur et la terreur règne sur Seurre pendant deux autres années. La Fortune pille, rançonne, brûle, menace jusque sous les murs de Beaune et Dijon. Les élus de Bourgogne pensent à ériger des forts à Chamblanc et à Saint-Georges, mais ils jugent moins onéreux de négocier la soumission du réître. Ce qu'ils font pour la somme de 50 000 écus. La Fortune doit les recevoir à Besançon. En fait, faute d'avoir respecté les conditions convenues, le pilleur ne reçoit rien. La Fortune ne se soumet au roi qu'en 1598 après les traités de paix qu'Henri IV signe avec le duc de Mayenne et les Espagnols. Il laisse Seurre, dernier bastion de la Ligue, exsangue, dépeuplée par la peste de 1596 et par la famine.

La libération de Seurre est encore fêtée jusqu'à la Révolution par une procession commémorative appelée "procession de la Fortune".

La paix retrouvée, Henri IV installe une garnison dans la place et se réserve la nomination du commandant. Le premier, Robert de Montbel, seigneur de Chaperon. Un homme affable et juste, rempli de prudence. Il s'emploie à régénérer la ville, à y ramener la prospérité. Il ne peut empêcher la peste de sévir, ni à sa suite, la famine.

Le 14 juin 1609, les Seurrois sont tout excités : la seigneurie est élevée en marquisat au bénéfice du nouveau propriétaire du château. Henri IV éloigne de lui ce personnage qui arrive aux bords de la Saône avec la réputation d'être fort aimé des dames.  Ce nouveau châtelain aurait été l'amant de Gabrielle d'Estrées, avant de la faire connaître au roi. Roger de Saint-Lary de Bellegarde, qui possède la seigneurie de Seurre la fait ériger en marquisat en 1611, puis duché en 1619, s'empresse de témoigner ses faveurs à la ville considérée par lui comme un fief. Et d'abord, il lui impose son nom. Seurre s'appelle Bellegarde. Les magistrats municipaux, objets de tracasseries incessantes, lésés dans leurs prérogatives et leurs droits, ont à en démêler avec la justice du duc.

La lutte contre la maison d'Autriche ne désempare  pas. Le roi y contribue par des subsides aux ennemis de l'empereur ; par des garnisons en des places stratégiques. en 1636, la ville de Seurre est en émoi. Le Gouverneur de la Place, La Motte, part avec cent mousquetaires au secours de Saint-Jean-de-Losne qu'assiège Gallas. Ils prennent une part active à la bataille du bastion Saint-Jean. Tenu en échec, l'ennemi s'éloigne. Le maire de Seurre, Antoine Bretagne, fait néanmoins restaurer les fortifications et les ouvrages de défense. Si l'ennemi revient, ne cherchera-t-il pas à mettre le siège devant cette petite ville frontière ? Le Congrès de Wesphalie (le traité du même nom) le 24 octobre 1648 a un heureux effet sur la Ville. Désormais la Comté de Bourgogne ou Franche-Comté formera un état "tampon" entre la Suisse et la France. Avant que ne soit signée la paix, Seurre loge les ambassadeurs suisses de Berne, Fribourg et Soleure venus offrir leur médiation au prince de Condé.

Le duc de Bellegarde, qui s'est fait complice des intrigues de Gaston d'Orléans, envisage en cas d'insuccès d'accueillir à Seurre le frère du roi. Le complot échoue et le duc est condamné à mort : la ville reprend son nom et le duché s'éteint.

La princesse de Condé, mère du Grand Condé, achète le château de Seurre à la mort du duc de Bellegarde, en 1646, avec l'approbation du prince. Condé verra-t-il la ville prospérer et se réjouir de son nouveau châtelain ? Bien au contraire, c'est en Bourgogne que s'achève la Fronde des princes dont Condé, prince de sang est un des personnages les plus actifs. Du Havre où il est détenu avec son beau-frère, Henri II de Longueville, Condé cherche à gagner à la causes des princes les places demeurées fidèles au roi. C'est ainsi que Roger de Saint Micault vient occuper Seurre. La ville envoie une députation secrète au Parlement de Dijon le priant de lui envoyer un commissaire royaliste ; la garnison ne compte que cinquante hommes faciles à expulser. Le Parlement refuse de se compromettre, malgré la p roposition du conseiller Maillard qui revendique l'honneur de cette mission. Le Parlement demeure ferme. Il ne reçoit aucun ordre royal ni même aucune déclaration contre Condé.

Seurre est investie par Saint-Micault, le comte de Saulx-Tavannes et d'autres encore. La ville est désarmée, les deniers du roi ramassés. Bientôt Seurre se trouva la seule place de Bourgogne au pouvoir du prince. Toutes les autres villes font leur soumission au roi. Pour réduire la rebelle, occupée par une foule de gentilshommes qui préparent la lutte, le cardinal Mazarin décide de venir lui-même en Bourgogne avec le roi Louis XIV, encore enfant. Le duc de Vendôme est chargé de porter le siège devant Seurre.

Louis XIV prend en personne possession de la place, le 20 avril 1653, accompagné de la reine et du cardinal Mazarin. Il fait son entrée dans la ville avec son régiment des gardes. Le maire, Jean Trullard et le comte de Saulx-Tavannes lui présentent les clefs. Les habitants font preuve de dévouement et de fidélité. Mais le jeune âge du souverain, Louis a douze ans, contribue beaucoup à retourner la situation. Seurre accueille le comte de Roncherolles, son nouveau gouverneur, avec l'espoir de connaître la paix. C'est méconnaître son châtelain. Condé humilié échange le gouvernement de Bourgogne contre celui de Guyenne. Le marquis de Boutteville occuple le château de Seurre en son nom. Il sert les intérêts de son prince, certes, mais au grand dam de la ville, des bourgs et des châteaux environnants. Boutteville pille, dévaste, lève des contributions ; il n'épargne ni les  établissements publics ni les magistrats de Seurre qu'il maltraite. Quelques gentilshommes s'associent à ce brigandage, notamment Latour-Ferville, Chintré, Longepierre. Le cardinal Mazarin envoie des troupes au duc d'Epernon, gouverneur de Bourgogne pour qu'il assiège Seurre et mette fin aux exactions des grands.

Le 9 mai 1653, le duc d'Epernon accompagné du marquis d'Uxelles se présente devant Seurre. Il a 4 000 hommes de pied, 600 chevaux et une bonne artillerie. Il juge inutile de faire creuser une circonvallation à l'entour de la ville, car nul ne viendra à son secours. Les eaux sont basses, la plaine de Saône au nord apparaît dégagée ; les bastions de ce côté ne sont toujours pas réparés depuis le dernier siège. Le duc d'Epernon fait faire une tranchée pour la ville de ce côté, précisément vers le bastion de Guise.

La prise de Seurre met fin à la Fronde de Bourgogne. Condé se retire à Stenay (Belgique) avec sa soeur Longueville et Turenne.

Louis XIV ordonne la destruction des fortifications. La ville et son maire Hutet acquièrent leurs emplacements et les matériaux de démolition pour la somme de 6 000 livres le 28 septembre 1658.

Seurre perd son rôle de petite ville militaire mais y gagne plus de tranquilité. Lorsque la Franche-Comté devient Française en 1678, la ville cesse de se trouver aux frontières. Elle voit prospérer le commerce du chanvre, la manufacture de toiles de ménage, de cordages pour la navigation. Le commerce de bois et des briques se développe.

A la fin de 1658,  Louis XIV tient un lit de justice en Bourgogne. Le 5 novembre, il vient jusqu'à Seurre pour s'assurer de la démolition des fortifications. En raison des malheurs dont la ville a pâti pour sa fidélité, le roi octroie 10 000 livres pour fonder l'hôtel Dieu, et bâtir une maison de ville. L'hôpital a été incendié. C'est en fait une maison que les châtelains ont mises à la disposition des Clarisses à charge pour elles d'y soigner les malades et les blessés. Or, furieux d'avoir été tenu en échec à Seurre, Condé reprend son terrain, les ruines qui l'encombrent et le rectorat du couvent, sa propriété. Il donne le tout aux Urusulines, religieuses enseignantes. La ville n'a plus d'hôpital. Sans la libéralité du roi, comment peut-elle faire face à la nécessité d'en assurer les frais ?

En 1683, les déplacements du roi le ramènent en Bourgogne. Il séjourne à Seurre du 8 au 10 juin avec la Reine et le Dauphin, avec Monsieur, duc d'Orléans et la duchesse d'Orléans, avec le duc d'Enghien (dernier de la dynastie des Condé), Louvois et sa suite ordinaire.  Sa majesté revient en août visiter le camp de cavalerie. "Le roi déploie lors des revues qu'il fait des troupes, dans l'une des plus belles prairies de ses Etats, une pompe et une magnificence exceptionnelles."

Déclarée ville ouverte, Seurre ne souffre plus de faits de guerre ni de révoltes jusqu'à la Révolution. Mais la ville a à se plaindre des usurpations de son châtelain. En effet, Jacques Batailhe de Francèze, dernier seigneur de Seurre, comprend dans le dénombrement de ses terres les fossés cavaliers, d'anciens murs de la ville et le terrain du champ de foire, au mépris de l'achat qu'en fait la ville. Il y comprend également le bois du Deffait, 160 arpents, propriété de la ville depuis un temps immémorial. Il fait confirmer ses possessions par un arrêté royal en date du 25 avril 1774, que le Parlement de Dijon enregistre. Cela constitue un vrai déni de justice, quant aux droits de la ville.

 

La Révolution Française

La Révolution entraîne dans la ville son cortège de maux et de violences. La ville retrouve ses droits et libertés. Nobles et religieux sont dépossédés et chassés. Les religieuses soignantes quittent l'hôpital, les prêtres et religieuses enseignantes quittent les maisons d'éducation et d'enseignement où ils élèvent et instruisent les enfants. L'église et la chapelle des Capucins sont transformées en greniers à fourrage, en écuries. A l'église, la "toucheuse d'orgue" accompagne le "ça ira" des révolutionnaires, tandis que, de la chaire, un quidam harangue le peuple entré comme pour une fête. La rue royale, débaptisée devient rue de la République.  Déclarés biens nationaux, les biens du châtelain sont vendus. Les habitants brûlent sur la place de l'hôtel de ville la grande charte de 1278 signe tangible de ce qu'ils revendiquent, à savoir les libertés des citoyens.

 

La période napoléonienne

Pour continuer le récit des évènements militaires qui affectent la ville, la dernière guerre napoléonienne. En 1815, pour achever d'écraser l'empereur, des colonnes de cosaques et d'Autrichiens vont en Champagne en passant par la Bourgogne. Seurre nourrit 45 000 hommes et 20 000 chevaux, donne 148 000 francs à titre de réquisitions. Les troupes la traversent deux fois.

 

Seurre connait encore trois guerres sur son territoire

En 1870, les Français coupent des ponts pour retarder l'avance des allemands. Des troupes en déroute s'arrêtent à Seurre. On aménage des salles de  l'hôpital à la hâte pour recevoir les hommes épuisés et blessés. On crée des ambulances ou postes de secours pour suppléer l'hôpital. C'est ainsi que les soeurs de l'Espérance reçoivent les varioleux. Sur 200 hommes malades ou blessés, 41 sont morts à Seurre et sont enterrés au cimetière de la ville. Le 20 novembre 1870, des éclaireurs prussiens aux ordres du général Werder entrent à Seurre. Ils emmènent à titre de prisonniers, quelques militaires convalescents. Du 10 au 20 février 1871, la ville est occupée, ce qui lui coûte 231 000 francs. D'autre part, les Allemands ont réquisitionné une salle de l'hôpital pour y soigner leurs blessés.

Au cours de la première guerre mondiale, 82 seurrois meurent sur les champs de bataille ou à l'arrière. L'hôpital est affecté au service des blessés pendant toute la durée des hostilités. D'autre part, 30 réfugiés séjournent à Seurre jsuqu'à la fin de la guerre. La ville organise leur accueil et leur réconfort.

Seurre retrouve sa tradition de ville frontière au cours de la dernière guerre. Lorsque l'envahisseur allemand occupe le territoire et le divise en zone interdite, zone occupée et zone libre. La douane ferroviaire entre les zones libre et occupée se trouve à la gare de Seurre (ligne Paris-Rome) et la douane routière (Besançon-Chalon-sur-Saône) à Navilly à l'entrée du pont, du côté de la Villeneuve. La zone interdite est toute proche. Arbois, vieux sol comtois s'y trouve incluse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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Published by natphotos - dans littérature
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commentaires

sara nijs 31/01/2013 17:27

Sur l’internet nous avons lu que vous faites des recherches sur la ville de Seurre.
Nous faisons des recherches sur les anciens jeux de balles et de bâtons, entre autres sur le jeu de mail.
Nous avons vu qu’à Seurre, il y a une « rue du mail » et une « rue du petit mail ». Est-ce que vous avez trouvé de l’information sur ces deux rues ?
Nous vous remercions à l’avance pour votre réaction.

Cordiales salutations,

Geert & Sara Nijs

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