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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 17:26

Son apparition

 

Le catharisme apparaît dans la Chrétienté occidentale au milieu du XIIe siècle. Ce mouvement chrétien médiéval n'est pas étranger à la spiritualité dominante de son époque. Au contraire, il réclame, à l'instar d'autres mouvements religieux contemporains un retour au modèle d'Eglise des premiers temps du christianisme. Le catharisme condamne l'Eglise romaine et sa hiérarchie au prétexte qu'ils ne respectent pas les idéaux du Christ. Les cathares se considèrent comment les seuls vrais disciples des apôtres, pratiquant comme eux la pauvreté absolue et travaillant de leurs mains pour vivre.

 

Des communautés dans toute l'Europe

 

Des communautés cathares d'"apôtres itinérants" sont attestées sous différents noms (cathares, piphles, publicains, tisserands, bougres, patarins, albigeois) dans les villes et les campagnes du nord de la Chrétienté médiévale occidentale : en Allemagne (zone d'Empire) et Italie, mais aussi dans les principautés du nord du Royaume de France (Flandre, Bourgogne, Champagne) et du Midi. Cependant le catharisme connaît l'accueil le plus faborable et l'implantation la plus durable dans le Midi de la France, ainsi que dans les villes du nord et du centre de l'Italie. Dans ces régions, les "bons hommes" ou "bons chrétiens" ainsi que les cathares se désignaient eux-mêmes - seule l'Inquisition les appellera "parfaits", s'organisent en communautés d'hommes ou de femmes dirigées par des anciens, des diacres et des évêques. Ces communautés sont constituées de plusieurs "maisons". On y pratique souvent des métiers liés à l'artisanat local. Plusieurs communautés constituent une Eglise ou diocèse cathare, à la tête desquelles se trouve l'évêque.

 

Des églises cathares

 

Au milieu du XIIe siècle (1167) les Eglises cathares sont au nombre de quatre : Albi, Toulouse, Carcassonne, Val d'Aran. Au XIIIe siècle, deux nouvelles églises se constituent : celles d'Agen et du Razès, celle du Val d'Aran n'est plus mentionnée. Ces églises sont indépendantes. Elles ne reconnaissent pas d'autorité supérieure à leur évêque, comme celle du pape pour l'Eglise romaine. Le catharisme est pratiquement éradiqué par l'Eglise catholique dans les régions septentrionales de l'Europe au milieu du XIIIe siècle. Quelques îlots persistent pour peu de temps encore au début du XIVe siècle dans certaines zones du Midi de la France et de l'Italie.

 

La persécution du catharisme

 

Leur obstination, leur anticléricalisme intransigeant, leur opposition à la hiérarchie catholique - à laquelle ils reprochent sa richesse ostentatoire et ses abus de pouvoir, valent aux cathares de s'attirer les foudres de l'Eglise romaine. Ils sont condamnés comme hérétiques.

Ainsi que beaucoup d'autres mouvements dissidents ou contestataires, les cathares deviennent l'objectif d'une lutte permanente. L'Eglise romaine tente de purifier la chrétienté occidentale en en excluant systématiquement tout individu ou groupe mettant en péril le projet de société chrétienne qu'elle instruit depuis le début du Xe siècle.

 

Les moyens de la lutte

 

L'Eglise catholique confie aux cisterciens, au XIIe siècle, puis, au XIIIe siècle, aux ordres mendiants (franciscains et dominicains) le soin de combattre ce danger supposé de la dissidence ou de l'hérésie. Les cathares sont dififciles à convaincre. La prédication ou le débat doctrinal instaurés à cette fin dans le Midi de la France par l'Eglise est un échec. Au contraire d'autres "hérétiques" comme les vaudois, les cathares se montrent irréconciliables, préférant presque toujours le martyre à l'abjuration.

 

La Croisade contre les Albigeois et l'Inquisition

 

Pour cette raison, le Pape Innocent III lance en 1209 ocntre les albigeois ou "cathares" la première croisade à se dérouler sur le territoire de la Chrétienté occidentale. La guerre durera vingt ans (1209-1229). La lutte armée se poursuit dans le Midi et ailleurs dans l'Occident chrétien tout au long du XIIIe siècle, relayée plus tard par l'institution de l'Inquisition, créée en 1233 pour traquer la "dépravation hérétique".

 

La doctrine cathare

 

Pour Rome, les cathares sont pires que les infidèles (juifs et musulmans) car, tout en étant chrétiens, ils interprètent différemment certaines croyances et contestent la doctrine des sept sacrements que les théologiens catholiques ont fixée dès le début du XIIe siècle. Les cathares poussent à l'extrême le sens du message des Ecritures qui formule la croyance dans l'existence de deux mondes, l'un bon et l'autre mauvais. Le premier, le monde invisible aux créatures éternelles, est l'oeuvre de Dieu le Père ; le second, visible et corruptible, est l'oeuvre du diable. Désirant exempter Dieu du mal expérimenté dans le monde matériel, les cathares échafaudent leur propre système de croyances, variable selon les périodes et les aires culturelles d'implantation. Il est tout de même possible de tenter la description générale de ces croyances. Dieu a créé uniquement le monde invisible et éternel ainsi que les créatures qui le peuplent : les anges. Parmi eux, l'un pèche par orgueil en se révoltant contre le Père afin d'égaler sa puissance : c'est le diable. Cet ange déchu est expulsé du ciel avec d'autres, pécheurs comme lui ou entraînés par lui dans sa chute. Introduits dans des corps charnels fabriqués par le diable, ces anges deviennent les âmes des hommes et des femmes. Le Christ, fils de Dieu, vient révéler leur origine céleste et montre le moyen de retourner au ciel. Le Christ est donc uniquement l'envoyé du Père venu porter le message du salut aux hommes, il n'est pas comme pour les catholiques, le rédempteur du péché. Il n'a pas souffert la Passion, il n'est pas mort sur la Croix car il n'avait un corps de chair qu'en apparence.

 

Sacrements et rites cathares

 

Le sacrement du consolamentum (consolation) ou baptême d'imposition des mains pratiqué par le Christ est le seul à apporter le salut. Ce sacrement joue un rôle fondamental dans les communautés cathares car il est à la fois sacrement d'ordination (il fait d'un croyant cathare un "parfait"), de pénitence, d'eucharistie et d'extrême-onction (appelé "consolamentum" des mourants). Le consolamentum est conféré par un membre de la hiérarchie et exige de celui qui le reçoit le respect de la Règle (pratique de l'ascèse, abstinence de toute nourriture carnée) ainsi que de la pratique de la morale évangélique (interdiction de jurer, de mentir, de tuer).

 

Les cathares considèrent comme inefficace le baptême d'eau que les prêtres catholiques confèrent aux nouveaux nés, incapables selon eux de comprendre l'engagement qu'est le baptême pour celui qui le reçoit. Ils contestent le sacrement de l'eucharistie, refusant de croire dans la transformation des espèces (transubstantiation), c'est à dire du pain et du vin devenant le corps et le sang du Christ lors de la consécration de celles-ci par le prêtre lors de la messe. En mémoire de la dernière Cène du Christ avec ses apôtres, les cathares bénissent le pain lors du repas quotidien pris avec leurs fidèles. Ils contestent aussi le sacrement du mariage, celui-ci légitimant à leurs yeux l'union charnelle de l'homme et de la femme, union à l'origine du péché du premier couple selon leur interprétation de la Genèse.

 

Les cathares adoptent le modèle de vie, les rites et les sacrements des premières communautés chrétiennes (leur unique prière est le Notre Père) s'appuyant principalement sur les enseignements du Nouveau Testament. Pour toutes ces raisons, ils considèrent que la médiation des saints, le culte des reliques et des morts (offrandes et messes pour les défunts), et toutes les pratiques instaurées par l'Eglise romaine tout au long du Haut Moyen Age, sont sans effets. De la même manière, ils n'attachent pas d'importance aux églises bâties qui ne sont pas pour eux les seuls lieux de culte car, pour les cathares, la parole du Christ peut être enseignée partout où se réunissent les fidèles.

 

Pourquoi -encore- parler des cathares aujourd'hui ?

 

Cathare : adepte d'une secte religieuse manichéenne du Moyen Age répandue notamment dans le sud-ouest de la France.

 

Si l'on s'en tient à la définition du catharisme telle que l'on peut la trouver dans un dictionnaire, une encyclopédie ou un dépliant touristique, on ne peut que s'étonner que l'on puisse encore y trouver un intérêt de nos jours, en dehors de l'histoire et de l'archéologie. Pourtant, de nombreux ouvrages sont publiés chaque année sur le sujet : romans, vulgarisations, ouvrages de synthèse, recherches scientifiques... Les recherches via Internet le démontrent rapidement : les librairies en ligne ne sont pas en reste d'ouvrages sur le catharisme, en français mais également dans de nombreuses langues.

 

De la même manière, les millions de visiteurs qui se pressent chaque année dans le Pays Cathare viennent-ils seulement pour le soleil estival ?

 

Pourquoi un tel engouement... si engouement il y a ?

 

 

 

 

 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 16:06

Toujours le bruit des armes, et je vois encore souvent des flammes qui lèchent les murs, et les charniers géants.

Les chevaliers cathares pleurent doucement quand le soir descend, comme un dernier tourment au milieu du tumulte.

 

 

Comme chacun sait, les Cathares étaient composés des Parfaits ou Bonshommes détenteurs des secrets de la Gnose, et de simples croyants, ce qui confère bien au Catharisme l'aspect d'une (ou de plusieurs) véritable religion avec son caractère ésotérique pour la masse, les secrets étant l'apanage exclusif d'un petit nombre, seul moyen d'en conserver la valeur. C'est pourquoi, après une période de grande liberté, le Catharisme dut s'organiser, créer une hiérarchie avec évêques, prêtres et diacres et instituer des cérémonies et un rituel, le tout ayant été mis en place par le Concile de Saint Félix en 1167.

 

Parmi les manifestations connues de ce rituel, nous pouvons citer d'abord le mélioramentum. Sous ce nom étaient désignées les marques de respect et de vénérations rendues matin et soir, ainsi qu'au début et à la fin des réunions, par les croyants à leurs Parfaits. Ils devaient fléchir le genou et dire trois fois : "Bénissez-nous, Pardonnez-nous, Priez Dieu pour moi, pêcheur, qu'il me garde de la méchante mort et me conduise à une bonne fin." En réponse, le Bonhomme leur donnait sa bénédiction. Plus tard, cette marque de vénération reçut le nom d'adoration selon les textes de l'Inquisition qui en font mention comme une preuve accablante contre les suspects. Il existait aussi la salutation qui consistait à prendre le Parfait dans ses bras et à l'embrasser sur le visage.


Ceci tout au moins pour les hommes. Les femmes, en effet, qui ne pouvaient être touchées par un Parfait, en raison, pourrions-nous dire, de leur nature lunaire, baisaient seulement l'évangile tenu par le Parfait ou parfois l'épaule qu'il leur tendait. L'une des principales tâches des ministres de ce culte était de donner aux mourants le consolamentum.


Ce sacrement, le seul reconnu par les Cathares, comprenait l'admission du croyant parmi les Parfaits et une imposition des mains lui assurait ainsi son salut, il fallait qu'il soit conscient, consentant et suffisamment lucide pour réciter le Pater, seule prière admise par les Parfaits. Une autre cérémonie rituelle était le servitium ou apparellamentum. Cette cérémonie mensuelle, d'où était exclu tout profane, comportait une confession rituelle suivie d'un baiser de paix. On trouve souvent aussi mention de la bénédiction par les Parfaits de pains que les croyants emportaient chez eux avec vénération. Le vrai Pur est donc celui qui retrouve le Chemin qui conduit au-delà même du libre arbitre. Le Sage qui possède encore assez de lumière et de force morale pour le guider ici-bas peut donc, "temporairement", utiliser le libre arbitre qui lui reste (cadeau empoisonné du Démon pour la majorité des hommes) afin de se diriger vers le Bien. Mais le but demeure de parvenir à la Perfection, donc au-delà du libre arbitre, pour regagner la sphère du royaume de l'absolue Plénitude. Là encore il semble que ce royaume divin et parfait, et situé au-delà des possibilités du choix et des tentations, doit (malgré la différence des vocabulaires et des images) s'apparenter au Nirvana de certaines écoles bouddhistes.

 

L'état de sainteté des ministres cathares était par contre si flagrant que les populations les appelèrent "Parfaits" "Purs" ou Bons Hommes". Ils vivaient de peu, jeûnaient souvent et pratiquaient tous un métier. Ils assistaient les paysans dans leurs travaux et plusieurs d'entre eux étaient précepteurs, médecins, tisserands, etc. Il est absolument faux qu'ils se soient détournés des sciences de ce monde, sous prétexte que celui-ci était régi par Satan. Ils manifestaient le plus grand intérêt pour l'astronomie, héritage reçu des Chaldéens et des Arabes avec lesquels ils eurent vraisemblablement de fréquents rapports (n'oublions pas que ces derniers ont donné leur nom à la plupart des étoiles, telles Algol, Altaïr, Aldébaran, etc..). Ils cotoyaient aussi les rabbins juifs qui, chassés d'Espagne par la reconquête, commençaient déjà à refluer en Occitanie où régnaient la tolérance.

 

Nous ne disposons plus actuellement que de trois textes cathares : la Cène secrète, Le Livre des deux Principes et le Rituel cathare, qui faisaient vraisemblablement partie d'un ensemble plus vaste destiné, soit à des rituels publics, soit à servir de base à des polémiques ou à des prédications. Dans tous les cas, ces textes constituaient l'esotérisme cathare et non la "doctrine essentielle". La transmission ésotérique s'effectue de bouche à oreille et ce fait ne souffre aucune exception ! Les textes hermétiques sont généralement tenus éloignés des profanes et rédigés d'une manière sibylline tout en présentant plusieurs sens superposés. Parmi eux nous devons peut-être compter le "fameux trésor cathare", évacué de Montségur en mars 1244. Les Parfaits y attachaient certaienement le plus grand prix, puisqu'ils n'acceptèrent de se rendre que lorsqu'ils furent certains de l'avoir mis à l'abri. Précisons que le terme "trésor" désignait au Moyen Age des écrits religieux cathares.

 

"Al cap des set cens ans verdegeo le laurel" "Après sept cents ans reverdit le laurier". Ainsi s'exprimèrent les Troubadours devant les bûchers encore fumants et voici qu'après sept siècles d'oubli un renouveau d'intérêt se manifeste pour le Catharisme.

 

Seuls la Connaissance et l'Esprit, que les Purs transmettaient par leur Verbe, consitituent pour nous des trésors inappréciables. C'est eux que nous nous efforçons de retrouver et cette tâche n'est pas impossible, à une condition cependant : que nous rejetions le jugement du monde façonné par mille idées fausses et lui substituions celui des sanctuaires, en utilisant ce que Paul Le Cour appela si justement : "le fil d'or de la Tradition".

 

Pour les Cathares, la réception du consolamentum équivalait à la transmission par un pur canal d'un germe christique destiné à rendre à l'homme son âme solaire, son âme divine. Parmi tous les écrivains, c'est sans doute Maurice Magre qui, dans la Clef des choses cachées a le plus approché le grand secret des Cathares : "Il y a, nous dit-il, un secret libérateur qui a été transmis depuis le commencement du monde... Ce secret était l'essence de l'enseignement que Jésus avait donné. Joseph d'Arimathie l'avait emporté avec lui à travers le monde, jusqu'aux limites les plus lointaines de l'occidnet..."Etre Parfait n'était qu'un état préparatoire". C'est par le consolamentum qu'on recevait le salut. "L'essence du consolamentum nous est demeurée cachée. On ne connaît que les formules du rite et l'on sait qu'il comportait une réunion d'hommes purifiés. L'apport spirituel, le germe divin, était donné par un Parfait qui le possédait déjà. Il transmettait la vie dont il était le dépositaire. Un baiser était le symbole du don reçu et le baiser circulait entre les croyants qui étaient présents, comme le signe visible du courant d'amour qui passait de l'un à l'autre. "Le consolamentum était par conséquent le vivant réceptacle de ce Germe Céleste et ceci l'obligeait à mener une vie d'une totale pureté. La descente du consolamentum était pour les Cathares une réalité spirituelle et seul un ministre parfaitement pur était capable de communiquer le Feu Transcendant.

 

Nous devinons également, à la lecture de ce texte, que tous les Parfaits n'avaient pas atteint le même degré de réalisation spirituelle et ne possédaient pas forcément le pouvoir de transmettre le consolamentum. De plus, seule une minorité d'entre eux devait avoir accès aux secrets essentiels du Catharisme, ce qui expliquerait les divergences constatées sur le plan de l'enseignement.


Selon les Cathares, l'incarnation christique eut essentiellement une valeur symbolique. L'essentiel de la Mission christique a résidé dans les inscriptions réalisées pour les ères à venir, inscription notamment de la Résurrection du Corps Glorieux, de l'Ascension de l'Adepte, de l'Assomption de la création. Jésus n'a pas oeuvré pour l'ère des Poissons, mais pour des ères futures plus éthérées et notamment pour celle du Verseau.

 

Jésus et ceux qui l'ont entouré ont agit comme autant de symboles..., le symbole est un moule dans lequel la transcendance prend forme, par l'intermédiaire du plan astral... Le Symbolisme constitue le levier majeur utilisé par les Hiérarchies afin d'agir sur notre plan terrestre et de régler les événements et les choses conformément aux décrets divins...

 

La vérité est une arme bien difficile à manier car celui qui la proclame trouve inévitablement en face de lui Satan, qui est aussi le Père du mensonge ! Un Maître peut se reconnaître au fait que ses paroles, tout en étant parfaitement compréhensibles et complètes en elles-mêmes sur le plan matériel, possèdent simultanément des significations transcendantes. Le verbe christique se faisait comprendre du plus pauvre laboureur et renfermait en même temps la sagesse du monde. Nul homme ne pourra jamais découvrir la totalité des richesses contenues dans les évangiles et notamment dans celui de Jean que les Parfaits portaient toujours sur eux. 

 

Les Cathares avaient reconnu cette résonance sur tous les plans du verbe divin. Selon eux, Christe porte l'intégralité du pont "Esprit-Ame-Corps". Cette unité substantielle n'ayant jamais été brisée en lui, il est impeccable.

 

Voilà démontré une fois de plus que les Cathares n'ont pas séparé les plans d'en haut et d'en bas, comme on l'a si souvent prétendu. Nous constatons bien au contraire qu'ils avaient conservé la notion des trois plans affirmés par Saint Paul, tandis que l'Eglise, sur ce point, devenait dualiste en ne retenant plus que le corps et l'âme.

 

Les Parfaits avaient, par-dessus tout, horreur du mensonge. "Les Albigeois, aux âmes surhumaines, ont incarné la puissance d'une sagesse accumulée au cours des siècles, en des civilisations disparues. Ils ont aimé la vérité et l'ont enseignée aux hommes, leur christianisme était celui qui n'a pas d'armes contre la vérité. En constituant leur trésor spirituel, ils ont donné à leur système une base de granit et créé l'Eglise d'Amour, église idéale qui consolait la peine des hommes, et qui élevait les âmes sur les hauteurs où triomphait l'Amour de Dieu !"

 

Selon les Parfaits, la libération des âmes s'effectuait progressivement, au cours des vies successives.  Lorsqu'un croyant voyait s'estomper en lui les désirs terrestres et s'affirmer celui de la libération, il pouvait recevoir le consolamentum.

 

Le degré de spiritualité d'un Cathare se mesurait à l'intensité de son désir, ce mot étant pris dans le sens que devait lui attribuer plus tard Claude de Saint Martin. Plus un homme s'était dégagé de l'emprise du monde, plus il était libre d'aspirer exclusivement à la Lumière.

 

La réincarnation était répandue parmi tous les peuples antiques et constituait un des éléments fondamentaux de toutes les doctrines hermétiques sans exception. Même la bible, qui semble à première vue ne pas la mentionner, y fait maintes allusions. Il n'est donc pas étonnant que les Cathares aient cru en la réincarnation, à l'instar d'un grand nombre de premiers chrétiens et notamment d'Origène, ce génie méconnu. Ils savaient reconnaître dès leur première enfance les réincarnations de grands êtres, comme aujourd'hui encore les Thibétains reconnaissent les Tulkou à des signes particuliers. Ils pensaient que lorsqu'une âme affranchie de tout désir terrestre connaissait sa transition, elle empruntait le "chemin des étoiles", c'est-à-dire qu'elle s'en allait sur des astres aux vibrations plus éthérées que celles de notre planète pour y poursuivre son évolution.

 

En cette région furent accueillis de tous temps ceux qui avaient la mission de veiller sur l'Enseignement. Ces hommes de bonne volonté, des SINCERES, avaient reçu et devaient transmettre, ne fût-ce qu'une parcelle, les Maîtres Mots de l'AMOUR dans le Message révélé, afin que vive pour tous les hommes, la certitude de cet AMOUR dans les valeurs authentiquement humaines jusqu'aux valeurs authentiquement spirituelleset que les hommes, de génération en génération, puissent être chacun transitif de soi à autrui, de soi au prochain. Les Parfaits et leurs Adeptes, les Croyants, étaient donc de ce pays. Ceci voulait dire qu'ils étaient non seulement bénéficiaires mais participants à part entière à cette société occitane avec un sens de l'AMOUR, un sens de l'Humain, dans un rafinnement que les sociétés au-delà de la Loire ne connaissaient pas à cette époque.

 

Qui donc a prodigué à ces hommes du haut et bas Languedoc la Révélation du Message Vivant du Christ ? Rien de nettement probant n'a été dit jusqu'à présent et nul n'a cherché à retrouver sans dépossession des biens dont il faut savoir rester maître et non esclave. Ils se disaient donc "parfaits". Mais le disaient-ils vraiment ou est-ce l'interprétation, l'explication que l'on a donnée et confirmée par la suite ? On ne trouve du reste le mot Cathare que relativement plus tard que leur époque même.

 

Le Temple appelait les Cathares : les "Couronnés d'eux-mêmes". Le groupe d'hommes appelés ainsi, enseignés dans la Vérité, sortis un jour du Temple et ne retrouvant plus la porte, continuèrent leur chemin avec cette certitude admirable que donne la conviction. Ils pensaient que leur connaissance était suffisante et édifiante pour montrer la voie de la libération de l'Esprit et de l'Ame, des chaînes qui les entravent dans ce bas monde. Ils affirmaient, en déduction et en conséquence, que dans "l'apparence du vivant", il y avait une synthèse du vivant et de la possibilité de conversion au bénéfice de l'effort pour atteindre l'image ou l'idée du parfait.

 

Les Cathares, on le sait, se divisaient en Parfaits et en simples croyants. Pour devenir véritablement membre, il fallait passer par la cérémonie de la convenientia, au cours de laquelle le récipiendaire promettait respect et obéissance à la caste supérieure, et se voyait octroyer, en échange la possibilité d'accéder lui-même un jour à celle-ci en solicitant le consolamentum.

 

Les Cathares plaçaient à la base de leur doctrine la pureté, le désintéressement qui sont, nous l'avons vu dans le Monde perdu, à la base de la Tradition primitive. Ils mettaient leurs biens en commun, s'abstenaient de nourriture animale et de boissons fermentées. On sait que le nom d'Albigeois leur fut également donné. Est-ce à dire qu'ils se rattachaient spécialement à l'église cathare d'Albi ? Cela ne paraît guère probable. Une explication nous a été fournie par M. Basiaux ; si catharos signifie "pureté" en grec, en latin, alba veut dire "blanc" et la blancheur est associée à l'idée de pureté. "Alba" a également donné naissance au mot "aube", l'aube n'est-elle pas la première manifestation de cette lumière, objet du culte des Manichéens.

 

La cordelette de lin ou de laine était également portée par les Templiers et les Cathares, elle était une protection pour eux, un "cercle magique". C'est la corde des Franciscains. Elle évoque la cordelière d'Anne de Bretagne et le lac qui figure au nombre des symboles maçonniques.

 

Elle est, avec ses noeuds, un rappel du noeud gordien. Le mot cordon, le même que gordien, et son symbolisme se trouve également dans le nom donné aux insignes des Ordres décernés par les gouvernements. L'on dit : le grand cordon de la légion d'honneur. Ce qui prouve que le symbolisme traditionnel se continue à l'insu même de ceux qui l'utilisent.

 

Les Cathares étaient "tisserands", non pas qu'ils aient touché à l'artisanat du lin et du chanvre, mais aussi parce que "tisser" signifie "prier" en hébreu.

 

Le grand sacrement des Cathares c'était le consolamentum, consistant dans l'imposition des mains. Il se conférait le vendredi saint. On lisait les dix-huit premiers versets du premier chapitre de l'évangile de saint Jean. Dans ses Epures, saint Paul parle souvent de l'imposition des mains et l'on trouve dans les Actes (VIII, 17), cette phrase : "Pierre et Jean leur imposèrent les mains et ils reçurent le Saint Esprit." Nous avons vu que les Joachimistes s'appuyaient sur le règne du Saint Esprit, le sacrement cathare continuait donc les traditions apostoliques et pauliniennes. Si l'imposition des mains était considérée comme le moyen de transmettre le magnétisme vital, il apparait comme ailleurs que le Manichéisme s'appuyait précisément sur le vitalisme considéré comme la manifestation du Christ solaire.

 

Le consolamentum serait donc la transmission aux ministres cathares, sous l'influence du Saint-Esprit, de la puissance magnétique, de cette énergie christique à laquelle font allusion les Evangiles (Jésus sentait une force qui sortait de lui, Marc, V, 30 ; Luc, VIII, 46, et VI, 19).

 

Cette attitude, qui a revêtu un caractère universel à travers toutes les religions des temps protohistoriques, nous amène à considérer la valeur initiale du Verbe (ou du Logos) qui commande l'entendement de la nature du divin. Comme chacun le sait : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu... Mots à première vue sybillins (comme tant d'autres de même source), parce que retenus et rapportés après qu'on eût escamoté (par ignorance ou incompréhension) le sens de leurs racines profondes... Dans les temples cathares, le Nouveau Testament était ouvert en permanence à cette toute première page du premier des évangélistes. Notons aussi, pour nous le rappeler un peu plus loin, que dans ces mêmes temples brûlaient des flambeaux "symbolisant le baptême du feu".

 

L'Occitanie, enfin, avait réalisé avec huit siècles d'avance la promotion de la femme devenant l'égale de l'homme. Dans le même temps des théologiens catholiques réunis en concile se demandaient gravement si la femme avait une âme.

 

Les populations ne sont pas toujours aptes à discerner la validité d'une doctrine, mais elles se trompent rarement quand il s'agit de choisir entre ceux qui sont sains et ceux qui sont impurs. L'influence des Parfaits ne cessa de croître jusqu'au siège de Montségur et devin déterminante en Occitanie. Or c'est précisément à cette influence que nous attribuons, dans une trèslarge part, le fait qu'aucun sévice ne fut occasionné aux catholiques du Midi jusqu'en 1233. Les Purs prêchaient la tolérance, l'amour universel, le pardon des offenses et interdisaient aux croyants de répondre à la violence par la violence. Seulement, il se produisit, le 20 avril 1233, un événement qui allait progressivement diminuer l'influence modératrice des Parfaits et déchaîner la haine contre l'Eglise romaine.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 


 


 

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 16:53

En 1496, les habitants de Seurre mettent en scène le "mystère de Saint-Martin" spécialement écrit pour eux par Andrieu de la Vigne. Le manuscrit du spectacle contient le récit suivi des préparations et de l'exécution apparemment composé par Andrieu lui-même puisque sa signature suit le récit.

 

L'éloge, la gloire, l'honneur et l'exaltation vont à Dieu, à la Vierge Marie et au patron le plus glorieux de cette ville de Seurre, monseigneur Saint Martin. En l'année 1496, le neuvième jour de mai, le vigile (veille) de l'ascension, sont assemblés dans la chambre de Maistre Andrieu de la Vigne, natif de La Rochelle et historiographe du roi, le vénérable et discret maître Oudot Gabillon, le titulaire vicaire de l'église Saint Martin dudit Seurre, l'honorable Aubert Dupuys, Pierre Loiselleur, Pierre Goillot, Georges Casote, Pierre Gravelle dit Belleville, bourgeois et Maître Pierre Rasoyer, recteur des écoles dudit Seurre. Ils demandent de faire et composer pour eux un texte qui devait présenter et déclarer par des personnage la vie de monseigneur Saint-Martin de sorte qu'en voyant cela représenté, le petit peuple peut facilement voir et comprendre comment le noble patron dudit Seurre vit une vie saine et dévote.

 

Et ce texte est fait et réalisé comme il apparaît cinq semaines après cette date. Et ladite vie est jouée lors de la prochaine fête de Saint-Martin (le 4 juillet) sans la rumeur de guerre et du grand nombre de gens d'armes qui viennent en la dite ville de Seurre de sorte que le sujet est mis de côté pour un certain temps.


Pour faire cette représentation les rôles sont préparés et présentés par ledit Maistre Andrieu et les dignes personnes suivantes sont nommées pour distribuer et donner ces rôles aux personnes pouvant les jouer : le noble Guyot Berbis, alors maire de Seurre, le noble Guenin Druet, Robin Jolique et Pierre Loiselleur, bourgeois dudit Seurre qui après de prudentes et mûres délibérations distribuent lesdits rôles à chaque personne comme la situation l'exige recevant des acteurs le serment requis dans un tel cas pour exécuter la représentation dès le bon moment venu.

 

Après quoi, chacun prend soin d'étudier son rôle et d'aller à l'église dudit seigneur Saint-Martin ou à Saint-Michel quand cela est nécessaire pour voir les rites et les façons de faire les choses quand elles sont exécutées en public, ce qu'il n'est pas possible de faire aussitôt qu'ils le veulent en raison des difficultés précitées. Mais après une longue attente, voyant passer le moment approprié pour la représentation, les personnes mentionnées décident que la représentation a lieu le dimanche suivant la foire de Seurre, date pour laquelle chacun doit être prêt.

 

Cependant du fait de nouvelles rumeurs de guerre pendant la foire, il n'est pas possible de jouer le jour venu. La semaine suivante, les vendanges commencent partout et on est forcé d'attendre qu'elles soient finies, sinon il y a le risque d'avoir très peu de gens présents. Après tout cela, la bonne intention desdits acteurs de représenter le mystère n'est pas perdue. Les organisateurs et acteurs mentionnés ci-dessus assemblés à ladite église décident unanimement que leur parade a lieu le mardi 4 octobre et que la représentation a lieu le dimanche suivant, fête de Saint-Denis.

 

Quand cette décision est prise, lesdits acteurs s'acquittent de leur devoir de fournir les accoutrements et habits appropriés. Le noble maire est responsable de voir les estrades installées dont il commence l'installation avant ladite foire de Seurre et il montre beaucoup de soin et de grande diligence pour cela. Le maître des secrets, Maistre Germain Jacquet vient d'Autun, quand arrive ledit Pierre Goillot qui est receveur des deniers pour ledit mystère lui indiqua tout ce qu'il devait faire des idoles, des trappes secrètes et autres choses.

 

Quand vient le jour choisi pour les parades, on proclame par un héraut, que tous ceux qui participent audit mystère doivent se réunir à midi aux Lombards, chacun habillé de son costume. Une fois la proclamation faite, lesdits joueurs sont assemblés audit endroit et sont mis en ordre l'un après l'autre, montés, équipés, armés et ornés si bien qu'ils ne peuvent être mieux arrangés ensuite. Et il leur est expliqué qu'ils ne commencent une longue procession que lorsque Dieu et ses anges quittent cette place pour marcher les uns derrière les autres, les diables sont déjà plus loin que la tour de la prison près de la tour de Chamblanc. Leur chemin passe devant la maison de Perrenot de Pontoux, le long du marché aux chevaux, jusqu'à la maison de Monsieur le Marquis près des murs de la ville et de là le long de la rue principale jusqu'à l'endroit indiqué. Et il y a un espace d'à peine deux pieds et demi entre les chevaux, et un très grand nombre de chevaux participe à cet évènement.

 

Une fois la parade passée, chacun pense pour lui-même et le vendredi suivant les loges sont remises aux acteurs pour les garnir de tapisserie, y compris ceux des villages voisins de Seurre. Le samedi, comme le temps est beau, tout le monde met grand peine à orner lesdites estrades. Et la tâche accomplie, personne ne peut se rappeler avoir jamais vu des estrades plus finies, mieux préparées, ornées garnies, ni si bien proportionnées. Le matin suivant, qui est dimanche, quand ils se préparent pour la représentation, la pluie tombe si fortement qu'il est impossible de faire quoi que ce soit. Cela continue sans s'arrêter de la troisième heure du matin jusqu'à la troisième heure après le midi, ce qui afflige beaucoup les acteurs et tout le monde.

 

Ceux qui viennent des villages alentour décident de s'en aller quand ils voient le temps si changeant. Quand ledit maire et les autres apprennent cela, ils proposent qu'une farce soit jouée sur le parvis lorsque le temps s'améliore, pour les satisfaire et leur plaire. Aussi, le héraut crie que tous les joueurs doivent aussitôt aller costumés à la maison de Monsieur le Marquis et que tous les autres se rendent au château. Cela étant crié d'un côté et de l'autre, chacun fait son devoir.

 

Alors les acteurs sont mis en rang et ils quittent la maison de Monseigneur le marquis en se suivant l'un l'autre de façon si solennelle que chacun est très étonné en arrivant sur le parvis. Ils se mettent en cercle de façon appropriée et chacun va alors dans sa loge. Les seules personnes laissées sur le lieu du spectacle sont les acteurs de la farce du Meunier copiée précédemment (dans le manuscrit) qui est si bien jouée que chacun est enchanté et rien de plus n'est fait ce jour-là.

 

Quand ils quittent l'estrade, lesdits joueurs se mettent en ordre et au son des trompettes, des clairons des ménestrels, des instruments hauts et bas, ils viennent dans ladite église de notre seigneur Saint-Martin pour chanter une prière très pieuse à notre Dame afin que le beau temps revienne et qu'ils puissent réaliser leur bonne et dévote intention de jouer ledit mystère. Dieu les exauce et lundi, jour suivant le temps est beau de nouveau. Il est proclamé par le héraut que par ordre du maire et du conseil des échevins dudit Seurre toutes les échoppes doivent être fermées et que personne ne doit être assez hardi pour faire aucun travail à son métier dans ladite ville durant les trois jours suivants pendant la représentation du mystère de Monseigneur Saint Martin et que tous les acteurs doivent aussitôt aller à l'église (mostier) dudit Seurre.

 

Aussitôt tout le monde se rend vers les estrades et les acteurs à leur place, et alors ils sont mis en ordre par ledit Maistre Andrieu qui a le registre et ils se disposent au bruit des trompettes, des clairons, des buccins, des orgues, des harpes, des tambours et d'autres instruments hauts et bas jouant autour d'eux jusqu'audit lieu de représentation où  ils se mettent en cercle comme il est de coutume.

 

Cela est un arrangement si magnifique et somptueux que cela dépasse l'esprit de l'homme pour décrire une chose aussi fine et splendide. Ceci fait, chacun se retire à l'endroit marqué pour lui et les deux messagers ouvrent la représentation comme il est décrit ci-dessus dans ce registre.

 

Alors Lucifer commence à parler et pendant son discours, le costume de l'homme qui joue Satan et se prépare à entrer par la trappe, depuis son souterrain, prend feu autour de ses fesses de sorte qu'il est gravement brûlé. Mais il est si vivement secouru, dépouillé de ses vêtements et rhabillé sans donner aucun signe de douleur qu'il joue son rôle, puis se retire à sa maison.

 

Les joueurs sont très effrayés par cette mésaventure. Ils pensent qu'un aussi mauvais commencement signifie d'avantage d'ennuis. Pourtant, avec l'aide de monseigneur Saint-Martin qui prend cela entre ses mains, les choses vont cent fois mieux que prévu. Après cela, le père et la mère de Martin avec leurs serviteurs montent sur ladite estrade et font un début si plein d'entrain que chacun - les acteurs et l'assistance - est très étonné et en effet supprimant cette ancienne crainte, lesdits acteurs sont remplis d'une telle confiance et hardiesse qu'aucun lion dans son repaire, ni aucun assassin dans une forêt n'est plus hardi ni confiant qu'ils le sont quand ils jouent.

 

Ce matin-là, ils commencent entre sept et huit heures et finissent entre onze et douze. Pour le commencement de la session de l'après-midi qui est à une heure, ledit Satan revient pour jouer son rôle s'excuse devant Lucifer, puis accomplit sa partie dans cette scène et les autres joueurs après lui, chacun à sa place. Alors ils font une pause pour aller souper entre cinq et six heures, s'arrêtant de  jouer et employant le temps du mieux qu'ils le peuvent. Et quand ils quittent le lieu de la représentation, lesdits acteurs s'alignent comme il est dit et vont à l'église de monseigneur Saint-Martin où ils remercient Dieu et chantent avec dévotion le Salve Regina.

 

Les jours suivant qui sont mardi et mercredi, ils arrivent et quittent la place de la représentation aux heures susdites. Ainsi, comme il est écrit, est représenté ledit mystère du glorieux ami de Dieu, monseigneur Saint-Martin, saint patron de Seurre, si triomphalement, authentiquement et magnifiquement sans aucune faute du monde qu'il n'est pas possible pour l'homme mortel de le décrire par écrit aussi bien que cela est représenté.

 

Terminé le douzième jour d'octobre 1496.

 

un héraut : officier de l'office d'armes, chargé de faire certaines publications solennelles ou de porter des messages importants.

 

 

 

 

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 19:01

1 - Introduction


Le Beaujolais doit son nom à la maison des Beaujeu.


La trace du premier seigneur de Beaujeu apparaît aux alentours de 950. Il s'appelait Bérard et était un homme avisé dont le château, bien assis au-dessus de l'Ardières, dominait fièrement le pays de Beaujeu. Durant les IXe, Xe et XIe siècles, les Sires de Beaujeu se taillèrent un territoire important. Ils firent du Beaujolais un état tampon entre le Mâconnais et le Lyonnais.


1140, Humbert III fonde Villefranche.


1260, Guichard V gratifie la ville du droit de sceau, lui concédant ainsi une personnalité juridique.


Au XIVe siècle, sous Antoine de Beaujeu, la province Beaujolaise est très vaste : elle s'étendait au Nord jusqu'au Mâconnais et à la Saône et Loire. A l'Ouest, elle comprenait les Monts du Beaujolais jusqu'à la Loire. A  l'Est, elle comprenait une partie du département de l'Ain. Au sud, elle descendait jusqu'à Villefranche.

1400, Edouard de Beaujeu fait don de ses terres aux Bourbon, l'un d'eux, Pierre de Bourbon épouse Anne de France, fille de Louis XI, dite Anne de Beaujeu.


Durant cette périoide, le Beaujolais profite largement du mécénat de ce couple. Sur leur initiative, fut construit le grand portail de Notre Dame des Marais à Villefranche en 1500.


1514, Anne de Beaujeu donne ses armes à Villefranche et la nomme Capitale du Beaujolais.


La période des Bourbons s'achève en 1527, après la trahison du Connétable Charles III qui voit tous ses biens confisqués. Le Beaujolais devient alors l'apanage de la famille d'Orléans.


A partir  du XVIIe siècle, Villefranche affirme son activité industrielle, les tanneries s'installent le long du Morgon, l'industrie textile se développe et la bourgeoisie s'enrichit.


La Révolution arrive, l'échevinage est remplacé par un conseil municipal et la milice par une garde nationale. Désormais, l'histoire du Beaujolais va se confondre avec celle de la nation.


1789, Création du département du Rhône et Loire.


1793, Séparation des 2 départements : celui du Rhône et celui de la Loire.


Au XIXe siècle, le Beaujolais est une grande région européenne du textile comme à Villefranche (confection), Tarare (capitale de la mousseline), Amplepuis, Thizy, Cours-la-Ville...


Au XXe siècle, le Pays Beaujolais se structure progressivement entre les 3 secteurs économiques actuels :

Le commerce et l'industrie ; le vignoble, l'agriculture-élevage et la production forestière.

 

2- Des origines au XIVe siècle

Ainsi qu'en attestent des outils de silex et autres vestiges découverts en différents lieux, la réion a été occupée par l'homme dans les temps les plus reculés. Plus près de nous, jusqu'à la conquête par les légionnaires de Jules César, les Eduens au nord et les Ségusiaves au sude occupaient le territoire. Ils cohabitaient vraisemblablement avec de peties "colonies" Ligures qui avaient fui leur pays d'origine.

 

Certains pensent que les noms de villages terminés en "as" Odenas, Arnas, Taponas, Juliénas, Chénas seraient d'origine ligure. En 59 avant J.C., Orgétorix, chef d'une tribu helvète traversait la Gaule d'est en ouest avec l'accord tacite, semble-t-il des Eduens. Mais, craignant d'être attaqués par ces migrateurs, les Ségusiaves appelèrent les Romains à leur secours. Ceux-ci intervinrent, une grande bataille eut lieu à proximité de la Saône. Des objets recueillis lors de fouilles et de dragages aux abords de gués témoignent de la violence de ces affrontements. Dans la foulée, les Romains profitèrent de l'occasion pour conquérir le pays. Ils créèrent un réseau routier, pour acheminer les marchandises depuis les zones de production jusqu'à la voie militaire tracée par Agrippa, gendre d'Augustin, entre Lyon et Boulogne (notre actuelle RN6), et jusqu'à l'Arar (la Saône) sur laquelle la navigation était importante.


Quelques siècles plus tard, les descendants de Charlemagne signèrent, en 843, le traité de Verdun qui partageait l'empire entre Charles, Lothaire et Louis. Le traité, qui fut le premier rédigé en langue romane (transition entre le latin et le français) avait été négocié à Saint-Romain-des-Isles, à Ancilia, une île proche de Saint-Romain-des Iles, au nord de Belleville/Saône. Peut-on dire à partir de cela que le Beaujolais est un berceau de l'histoire européenne ?


C'est à la date de 1031, qu'apparaît, dans le Cartulaire de Saint-Vincent, le nom de Bellijocum.


L'abbaye de Cluny, fondée au Xe siècle, fut aussitôt convoitée par ses voisins. A cette époque la vallée de l'Ardières était commandée par le château de Pierre-Aigüe, au-dessus de Beaujeu. L'abbé de Cluny apporta son soutien au sire de Beaujeu s'assurant ainsi qun allié dans sa lute contre les comtes de Mâcon, de Forez, et les archevêchés de Mâcon et de Lyon.


Ambitieux, plutôt frondeurs et volontiers batailleurs, les sires de Beaujeu répondirent à cette attente.


Ils ne s'en tinrent pas là, pendant plus de quatre siècles, guerroyant, épousant ou s'alliant à de grandes maisons, ils n'eurent de cesse d'étendre leurs possessions. Leur Beaujolais fut beaucoup plus étendu que celui que nous connaissons.

Parmi les acteurs de cette brillante saga, nous retiendrons quelques noms : Beraud ou Bérard, le premier dont le nom apparaît dans les écrits ; c'était en 957. C'était un homme avisé dont le château, bien assis au-dessus de l'Ardières, dominait fièrement le pays de Beaujeu. Durant les IXe, Xe et XIe, les Sires de Beaujeu se taillèrent un territoire important. Ils firent du Beaujolais un état tampon entre le Mâconnais et le Lyonnais.


Guichard III (1094-1137) qui acheva sa vie à Cluny après avoir fondé l'église Saint-Nicolas autour de laquelle la ville de Beaujeu s'est construite.


Humbert III (1137-1179) qui participa à une croisade, fonda Villefranche (vers 1140), l'abbaye de Belleville et son église nécropole des Sires de Beaujeu.


Guichard IV dont le mariage avec Sybille de Hainault, belle-soeur de Philippe Auguste, l'apparenta, lui et ses descendants, au roi de Franche. Guichard mourut à Douvres en 1216 alors qu'aux côté du prince Louis, il combattait Jean Sans Terre.


Humbert V, son fils, était un homme de guerre. Pour son cousin Louis VIII il conquit le Languedoc, ce qui lui valut d'être fait connétable. Il mourut en 1250 sous la bannière des Croisés.


Guichard V signa la première charte écrite de Villefranche (que les édiles municipaux sont fièrs de présenter encore aujourd'hui). En 1265, il mourut sans enfant ayant désigné sa soeur Isabelle pour lui succéder.


Isabelle fut l'intermédiaire d'une bifurcation dans la lignée. Son époux n'était autre que Renaud de Forez et à son décès, sa veuve céda l'héritage à son fils cadet Louis, lui-même époux d'Eléonore de Savoie, réalisa sur son nom, la réunion des trois grandes familles !


Guichard VI succédat en 1295 à son père. Ses faits d'armes dans les armées royales lui valurent d'être connu sous le nom de Guichard le Grand. Au passage, il obtint de l'archevêque de Lyon de percevoir un péage aux Brotteaux.


Son fils Edouard 1er lui succéda en 1331. Il suivit les traces de son père dans la carrière militaire en guerroyant aux côté de Philippe VI. Seigneur de Beaujeu, Edouard 1er fut surtout un capitaine du roi de France. Son épouse, Marie du Thil, ne le voyait que rarement. Installée à Juliénas, elle dirigeait avec habileté les affaires de la baronnie. Edouard perdit la vie, au service du roi à Saint Omer en 1350.


Son fils, Antoine, lui succéda. Compagnon d'armes de du Guesclin grâce auquel la guerre de cent ans prit une nouvelle orientation, il fut lui aussi très actif sur les champs de bataille. C'était un seigneur généreux, brillant, qui aimait le luxe.


Dernier sire de Beaujeu, Edouard II, cousin d'Antoine, lui succéda en 1374, il héritait des lourdes dettes contractées par ses prédécesseurs (le service du roi coûtait cher). Mais il n'eut pas les mérites de ceux-ci (des écrits affirment qu'il pouvait être odieux et cruel). N'ayant pas d'héritier, il fit don en 1400 de la totalité de ses biens au duc Louis de Bourbon. C'est ainsi que s'acheva la saga des Sires de Beaujeu.

 

3 - Du XVe siècle à nos jours

Au XVe siècle, le Beaujolais échut, en 1456, à Pierre de Bourbon, fils cadet du duc Charles 1er, qui épousa, en 1473, Anne de France, fille de Louis XI (dont son père disait qu'elle était "la femme la moins folle de France").

 

En 1488, sous le nom de Pierre II, il devint le 7e duc de Bourbon. A la mort de Louis XI, en 1483, et pendant la minorité de son frère Charles VIII, Anne de France devient régente. Elle gouverna avec compétence, sans pour autant se désintéresser du Beaujolais qui bénéficiait de sa générosité et de celle de Pierre II.

 

Ils subventionnèrent l'hôpital, et firent réaliser, entre autres, le grand portail de Notre Dame des Marais à Villefranche. Une paix relative régnait alors dans la région, elle permit de retrouver une certaine prospérité, et contribua au développement et à l'embellissement de Villefranche. En 1514, Anne de Beaujeu accordait de nouvelles armes à cette ville, qui avait pris définitivement la suprématie sur Beaujeu.

 

Suzanne, fille de Pierre et Anne, épousa le Connétable Cahrles de Bourbon Montpensier qui se couvrit de gloire à Marignan. Mais avant de mourir, en 1527, il se rallia à Charles-Quint. Aussitôt, François 1er confisqua tous ses biens. De passage dans la région, à l'occasion des guerres d'Italie, le roi séjourna à Villefranche.

 

Lors des guerres de religion, les troupes du Baron des Adrets, chef des protestants, firent de nombreuses incursions dans le Beaujolais. En 1562, elles assiégèrent Villefranche qui résista vaillamment. Famine et peste frappaient les populations. Des maladières et quarantaines permettaient de soigner les pestiférés hors des villes, des chapelles et oratoires étaient dédiés à Saint Roch (on en retrouve les témoignages dans les noms de lieux et d'édifices). Des Hôtels Dieu spacieux permettaient d'accueillir les pauvres malades à Villefranche et à Belleville. Le neveu du connétable Charles, Louis de Bourbon-Montpensier récupéra son héritage en 1560. Sa descendante Marie de Bourbon-Montpensier ou Montpensier, née en 1605, épousa Gaston d'Orléans dont elle eut une fille unique qui ne fut autre qu'Anne-Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier, princesse de Dombes et baronne du Beaujolais, généralement connue sous le nom de la Grande Mademoiselle. A sa mort, en 1693, elle fit de Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, l'héritier de ses biens.

 

Sous le règne du Roi Soleil, le Beaujolais avait retrouvé la paix. Faisant route vers l'Espagne pour y épouser l'infante, Louis XIV s'arrêta à Villefranche en 1658, il était accompagné de la Reine Mère, de Mazarin et de la Grande Mademoiselle En 1695, le roi reconnut par lettres patentes l'Académie Royale de Villefranche (la 5e de France) - une société savante toujours très active aujourd'hui.

 

En dehors des luttes sanglantes qui opposèrent jacobins et muscadins, du tragique destin de Manon et de  Jean-Marie Roland de la Platière, le Beaujolais eut à déplorer plusieurs victimes, par exemple, l'exécution sur l'échafaud des chanoines de Villefranche.

 

Jusqu'à la mort sur l'échafaud, en 1793, du dernier baron du Beaujolais, Louis Philippe d'Orléans, les héritiers des sires de Beaujeu ne montrèrent guère d'intérêt pour la région. Ce qui n'empêcha pas celle-ci de prospérer. C'est en effet à partir du XVIIe siècle que Villefranche affirma son activité industrielle, les tanneries s'installant le long du Morgon ; l'industrie textile se développa et la bourgeoisie s'enrichit. Le Comté faisait alors partie du gouvernement du Lyonnais.

 

Le 4 mars 1790, conformément aux mesures décrétées par l'Assemblée Nationale Constituante qui divisait la France en 83 départements, les anciennes provinces du Lyonnais, Forez et Beaujolais formèrent le département du Rhône et Loire.

 

Suite à la rébellion de Lyon, le département du Rhône et Loire fut scindé en deux en 1793, constituant les départements du Rhône et de la Loire par décret du 29 brumaire de l'An 2. A partir de là, l'histoire du Beaujolais se confond avec celle de la France.

 

Bernard Frangin note dans le guide du Beaujolais : "la région reste toujours opposée au second empire, et dès 1871, toutes les consultations électorales penchaient vers ce qu'on appelait alors les "républicains". Au point qu'à partir de 1881, les monarchistes renoncèrent même à présenter des candidats."

 

Le temps passa avec les heurs et malheurs qui marquèrent l'histoire de France. On retiendra que lors de la seconde guerre mondiale de nombreux maquis s'organisèrent dans tout le Beaujolais. Ils payèrent un lourd tribu en vies humaines.

 

Bernard Frangin, encore lui, rappelle la remarque de René Lacour, Directeur des archives départementales du Rhône : "Le Beaujolais a toujours fait preuve d'indépendance et d'autonomie..."

C'est un trait de caractère qui semble inscrit dans les gènes des habitants du Beaujolais. Capables de discipline lorsqu'ils se l'imposent  eux-mêmes, ils sont toujours prêts à réagir aux diktats venus d'ailleurs pour peu qu'ils leur apparaissent obscurs et injustifiés.

 

 

3 - Personnages célèbres

 

Outre ceux qui, directement ont fait l'histoire, des personnages célèbres sont nés en Beaujolais, ou y ayant vécu, on laissé leur empreinte et des souvenirs qui font partie de la culture beaujolaise :

 

En 1670, au retour d'un voyage à Grignan, Madame de Sévigné résida au château de Bagnols.

 

Jean-Marie de la Platière, né à Thizy en 1734 et son épouse parisienne née Jeanne-Marie Philipon en 1754 (Manon Roland), eurent une activité politique importante.

 

Gaspard Riche baron de Prony est né à Chamelet en 1755. Des études brillantes à l'école des Ponts et Chaussées de Paris, firent de lui un grand mathématicien, mais aussi un praticien de grand mérite.

 

Benoit Raclet est né à Roanne en 1780. Il épousa en 1808 Marthe Chaumet dont le père possédait un important vignoble à Romanèche. En 1815, le couple s'installa en Beaujolais.

 

Claude Bernard est né le 12 juillet 1813 à Saint-Julien-sous-Montmelas où son père exploitait le domaine du Chevalier de Quincieux. Il fit des études au collège de Thoissey, puis un apprentissage chez le pharmacien Millet à Lyon, et enfin des études de médecine à Paris.

 

Victor Pullia naquit le 27 avril 1827 au domaine de Tempéré, à Chiroubles. Très jeune il s'intéressa à la botanique, et réunit sur les coteaux de Tempéré, une importante collection ampélographique qui ne comptait pas moins de 1 200 sujets différents. Il créa en 1869, la société générale de viticulture de Lyon.

 

C'est à Beauregard, dans l'Ain, que naquit Victor Vermorel le 28 novembre 1848. En 1853, son père, un artisan ingénieux et inventif installa son atelier de machinisme agricole à Villefranche. Dès son adolescence Victor fit preuve d'une curiosité inextinguible, d'un esprit d'invention rarement en défaut et d'une grande ouverture aux autres et au monde.

 

Les frères Voisin : Gabriel né en 1880 à Belleville-sur-Saône et Charles né à Lyon en 1882 furent les premiers constructeurs d'avions à l'échelle industrielle.

 

Pierre Montet est né à Villefranche en 1885. Eminent égyptologue il dirigea d'importantes fouilles à Byblos (1921-1924) et à Tanis (1929-1951) où il découvrit une nécropole royale inviolée de la XXIe dynastie.

 

C'est à Salles-en-Beaujolais que se rencontrèrent les parents de Lamartine.

 

C'est en séjournant, en 1946, en Beaujolais, que Colette rédigea quelques pages du "Fanal Bleu".

 

Gabriel Chevallier, romancier né à Lyon en 1895 écrivit un ouvrage anecdotique, sur un village beaujolais qu'il baptisa Clochemerle, et dont on peut situer l'action truculente et savoureuse à Vaux en Beaujolais.

 

Utrillo résida avec sa mère Suzanne Valadon et Utter son beau-père à Saint-Bernard, village proche de la Saône, dans l'Ain. Il traversait souvent la rivière, tant pour trouver l'inspiration dans les doux paysages beaujolais - il peignit entre autre le moulin à vent - que pour user et parfois abuser de sa principale production.

 

Saint-Exupéry et Theillard de Chardin furent élèves au collège de Mongré à Villefranche.

 

Conte, l'inventeur du crayon épousa une caladoise, Mademoiselle Humblot.

 

Maurice Baquet est né à Villefranche, sa mère y tenait un commerce de linge de maison. L'acteur musicien est resté très fidèle à son Beaujolais natal, et il n'etait pas rare de le rencontrer lors de manifestations locale.

 

Claude Brosset, érudit français est né à Theizé en 1671. Ami de Boileau, il en publia les oeuvres après sa mort. Il participa à la fondation de l'académie de Lyon en 1724.

 

Ceux qui ont écrit sur le Beaujolais ont souvent fait référence à Paradin. Il s'agit de Guillaume Paradin qui, né en 1510, fut nommé chanoine de la collégiale Notre Dame de Beaujeu en 1545.

 

Ils évoquent aussi Louvet. C'était Pierre Louvet qui séjourna de 1669 à 1672 à Villefranche tandis qu'il était recteur au collège de Villefranche. On lui doit une Histoire du Beaujolais dont une copie se trouve à la bibliothèque de Lyon.

 

François Brac de la Perrière (1725-1800), avocat au Parlement de Paris et échevin de Lyon, était issu d'une grande et vieille lignée beaujolaise. Il publia un ouvrage sur le commerce des vins, souvent cité, les idées qu'il y exposait semblent encore très "actuelles".

 

 

5 - Vigne et vin au fil du temps

 

Les découvertes archéologiques font connaître l'importance de l'occupation romaine sur le territoire français. De toute évidence, cette population d'origine méditerranéenne qui pratiquait la viticulture et appréciait le vin, a assuré la diffusion de cette boisson privilégiée, soit par le commerce, soit par la culture. D'innombrables amphores provenant du négoce lyonnais ont été retrouvées dans le sol de la ville.

 

Roger Dion, dans on ouvrage "Histoire de la vigne et du vin", "des origines au XIXe siècle", cite un discours prononcé devant un envoyé de l'Empereur Constantin"... ces vignes admirées seulement de ceux qui en ignorent le véritable état, sont tellement épuisées de vieillesse que c'est à peine si elles ressentent encore les soins que nous leur donnons..."

 

Une telle vieillesse en Bourgogne autorise à penser que sur la route Lyon-Autun qui traversait le Beaujolais, on devait trouver des "relais", sinon un vignoble, du moins en consommation.

 

Asa Paulini (Anse) et Ludna-Lunna (St Georges-Belleville) sont citées par les "itinéraires touristiques du temps (Carte de Peutinger et itinéraire d'Antonin). Comme ils ne sont pas qualifiés villes d'eau, il est permis de penser que l'on y servait plutôt du vin.

 

Toutefois, quelques arpents de vigne ne font un vignoble que si de bonnes conditions sont réunies : un produit de qualité, une quantité suffisante, des moyens de transport, une clientèle.

 

Le Beaujolais, sur ces points, est bien pourvu : terroir et orientation favorables, proximité de la Saône navigable, petites villes (dont l'une deviendra grande).

 

Dans les cartulaires des chapitres de Mâcon et des abbayes telles que Cluny, dès le Xe siècle, les paroisses beaujolaises sont citées, preuve de l'existence d'une population assez importante. Sur le granit beaujolais, seule la vigne offre une culture prospère. La population des antiques paroisses ne pouvait qu'être vigneronne et les cartulaires le confirment. Dans toutes les transactions rédigées, la vigne apparaît, parfois le vin, en redevance. C'est à la vigne que l'on doit la première mention de Bérard, sire de Beaujeu. Avec son épouse Emelt, il négocie une vigne à Morgon en l'an 957.

 

Par la suite, la chaîne ne se rompra que dans les périodes difficiles, ravages de la Guerre de Cent Ans, pestes, famines. Guerres de Religion, Grande Révolution de 1789 à 1800, invasion du phylloxéra et gelée noire de 1880. Après chaque crise, il faut replanter, réparer les désastres, avec chaque fois l'impression d'une nouvelle naissance. Le discours d'Autun évoquait le travail des fosses à la profondeur voulue et le provignage, pratiques qui ont duré longtemps.

 

Peu à peu, des nouveautés sont survenues, avec Olivier de Serres au XVIIe siècle, avec les Sociétés d'Agriculture au XVIIIe siècle avec Chaptal et l'Abbé Rozier, avec l'Ecole de Montpellier au début du XIXe siècle, avec le développement de la mécanique et de l'industrie chimique au début du XXe, avec les écoles de greffage après le phylloxéra, avec l'arrivée du chemin de fer vers 1850, avec les organisations syndicales, mutuelles et coopératives, tout au long du XXe.

 

La nature qui est la mère nourricière de la vigne est aussi sa pire ennemie. Elle l'accable d'intempéries et de prédateurs divers. Jusqu'à l'arrivée du soutien des produits chimiques, la seule protection implorée était celle de la Vierge et des Saints.

 

A Vernay, à Lacenas, à Montmerle et en d'autres lieux, les villages au grand complet, se rendaient en pélerinage, en général pour le 8 septembre. La dernirèe chapelle érigée dans ce but est celle de Notre Dame de Brouilly et date de 1857.  

 

Curieusement, la première démarche scientifique au service de la vigne a consisté dans l'usage de l'eau bouillante mis au point à Romanèche-Thorins, vers 1830 pour l'échaudage des larves de pyrale nichées dans l'écorce des ceps.

Les rendements ont augmenté, mais de tous temps, il y eut des années fastes, en quantité et en qualité, et inversement des cycles désastreux.

En tenant compte des conditions naturelles et des modifications historiques, on peut estimer à une par siècle, les périodes réellement de franc succès. Le renouveau du bâtiment les jalonne.

 

Ainsi voit-on des églises du XIIe siècle, les belles maisons fin XVe-début XVIe, quelques demeures Louis XIII, beaucoup de XVIIIe et encore plus de Second Empire-fin du XIXe et pour finir, les constructions récentes de la fin du XXe.

En 1697, le curé Gaitte de Quincié déclare que la surface en vigne dans la paroisse est égale aux 3/8 de la surface cultivable.

Il faut pour les indispensables vaches, autant de prés que de vignes. 6/8 ou 3/4 sont ainsi employés, ne laissant qu'un quart pour la nourriture des habitants, paysans et artisans.

 

Bien que moins importants qu'actuellement, les rendements n'en excitaient pas moins la convoitise. Dès le début du XIIe siècle, on connaît les transactions autour des dîmes de Brouilly sur Saint Lager. Elles se partagèrent jusqu'à la Révolution, entre le seigneur du lieu, les chanoines de St Paul de Lyon qui possédaient leur pressoir sur la colline et au curé, une petite part.

 

 

6 - Naissance des A.O.C.


De tous temps, la production vinicole a été très réglementée : Interdiction de planter (Domitien, en 92) que leva Probus.

 

Rétablissement du Roi Charles VI en 1415. A Paris, trois sortes de vins sont reconnus : vins français de l'Ile de France, vins de la Loire, vins de Bourgogne. Le beaujolais sera de Bourgogne par Mâcon ou de la Loire en empruntant le fleuve.

En 1684, Melle de Montpensier obtint l'intégration du Beaujolais dans les provinces du nord. Le commerce avec Paris devint normal.

Pour autant, les frais de voyage ne furent pas réduits. Entre transports et péages, ils étaient considérables. Le transport par terre était estimé à 10 livres, par eau à 5 livres et le déchet à 4 livres. Suivant les années, les prix variaient de 35 à 80 livres par pièce. Les marchands s'enrichissaient surtout par la revente au détail sur la ville de Paris, vente pour laquelle  il fallait un privilège.

 

Le vigneron, au pays, ne gagnait pas beaucoup. Il vivait en autarcie et quelques pièces d'argent lui procuraient une petite aisance.

 

Les habitants de Lyon bénéficiant au titre de bourgeois par leur naissance et leur résidence jouissaient du droit de vendre leur récolte de l'année, sans payer aucun droit de détail. De sorte que la plupart des propriétaires beaujolais s'organisaient pour être considérés "bourgeois de Lyon". Les marchands ne profitaient pas de ce commerce. D'où leur grands efforts pour envoyer le vin à Paris et au-delà.

Le Beaujolais, au XVIIIe siècle, était très apprécié des parisiens mais curieusement recherché comme "vin clairet". Les noms des crus sont connus hors de la région depuis longtemps comme ceux de "bon pays".

 

Le Beaujolais n'est complanté que d'un cépage unique, le Gamay. Contre toute logique et parce que joue le mysérieux accord avec la nature géologique du sol, le bouquet du vin varie de place en place. Le Beaujolais est un vin "jaloux", ce qui signifie qu'il rend les contrées "jalouses" entre elles. La dégustation tient une position supérieure dans les chais et les caves.

 

Tout naturellement, l'idée de "classement" s'est imposée. A l'établissement du cadastre, dans les années Révolution-Premier Empire, les vignes furent ordonnées en "classes", puis on passa aux catégories... Pendant la guerre de 14-18, seules les premières "catégories", un, deux et trois n'étaient pas réquisitionnées pour l'armée.

 

Vint ensuite l'idée d'allier classement et origine géographique qui aboutit à la situation actuelle des "Appellations d'Origine Contrôlées", sous le contrôle d'un institut national.

 

1927 : définition du Moulin à Vent.

1935 : définition de l'ensemble des appellations

1988 : dernière naissance d'un nouveau cru : Régnié.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




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